2020 - 2021 (en cours)

Il faut parcourir une quinzaine de kilomètres depuis la ville pour arriver ici, une seule route pour venir et repartir. Coincé entre les levées de deux cours d'eau, on surnomme cet endroit "Le Bout du Monde" en écho à ce côté sans issue et presque insulaire. Le bourg et ses hameaux s'étirent sur quelques kilomètres jusqu'à la rencontre de la rivière et du fleuve, qui poursuit ensuite son cours jusqu'à l'océan. Observer la confluence depuis le pont de chemin de fer est un rituel local. En se concentrant un peu on pourrait presque sentir dans le fond de l'air une légère note iodée. A moins que ce ne soit seulement les effluves de vase séchée des rives sablonneuses du fleuve. J'ai toujours éprouvé une certaine crainte en m'y promenant, jetant naïvement des bâtons devant mes pieds pour m'assurer de la praticabilité du sol. En grande partie à cause de ces histoires qu'on entendait, de gens qu'on aurait vu disparaitre dans un tourbillon ou un sable mouvant.